2) LE MONISME DRUIDIQUE

Ainsi défini, le Dieu druidique est en dernière analyse le même que le Dieu des Chrétiens, alpha et oméga, début et fin de toutes choses. Si les fili irlandais, dépositaires de la doctrine druidique, sont devenus aussi facilement des prêtres chrétiens, c’est bien parce que leur théologie concordait sur les grands principes avec la nouvelle théologie. Mais il semble qu’on ait fait disparaître de la tradition les détails qui, prouvant cette identité théologique, pouvaient prêter à confusion et montrer le druidisme comme trop proche des conceptions chrétiennes. Ce sont les écrivains grecs et latins pré-chrétiens qui ont manifesté leur admiration pour l’élévation de pensée de la doctrine des druides, comparant ceux-ci à Pythagore. Les premiers chrétiens, que ce soient les Pères de l’Église ou les moines irlandais, ont insisté davantage sur les « superstitions » et les « sacrifices » qu’ils dénonçaient, et ont laissé de côté les arguments théologiques. Partant, ils ont délibérément passé sous silence les éléments symboliques qui devaient appuyer et matérialiser le véritable dogme qu’était l’unicité du Dieu innommable.

Le seul témoignage se trouve chez Pline l’Ancien. Il est assez confus parce que Pline n’a pas compris la portée du rituel qu’il décrivait, le ravalant à une simple opération de magie. Et c’est aussi la seule allusion vraiment cosmologique qui existe à propos des Celtes.

Pline nous présente en effet « une sorte d’œuf dont les Grecs ne parlent pas, mais qui est très connue dans les Gaules. Pendant l’été, d’innombrables serpents, qui sont enroulés ensemble, se rassemblent en une étreinte harmonieuse grâce à la bave de leurs gosiers et aux sécrétions de leurs corps. Cela s’appelle « œuf de serpent ». Les druides disent que cet œuf est lancé par des sifflements, et qu’il faut le recueillir dans un manteau avant qu’il ne touche terre. À ce moment, le ravisseur doit s’enfuir très vite à cheval, car il est poursuivi par les serpents, lesquels ne peuvent s’arrêter que devant l’obstacle d’une rivière. On reconnaît cet œuf à ce qu’il flotte contre le courant, même s’il est attaché à de l’or. L’habileté extraordinaire des mages [= druides] pour cacher leurs fraudes est telle qu’ils prétendent qu’il faut s’emparer de cet œuf seulement à une certaine phase de la lune, comme s’il était possible de faire coïncider l’opération avec la volonté humaine. Certes, j’ai vu cet œuf, de la grosseur d’une pomme ronde de taille moyenne, avec une croûte cartilagineuse comme les nombreux bras du poulpe » (Hist. Nat. XXIX, 52).

Les commentateurs de ce texte pensent généralement que l’œuf de serpent ainsi décrit est un « oursin fossile »[340]. Cette identification est appuyée sur des découvertes archéologiques : dans de nombreux tombeaux ou tertres gaulois, des oursins fossiles ont été déposés intentionnellement. Un tumulus, à Saint-Amand sur Sèvre (Deux-Sèvres), semble même avoir été fait tout spécialement pour contenir un petit coffre dans lequel se trouvait un oursin fossile. Il est probable que l’oursin fossile avait, chez les Gaulois, une valeur symbolique tout à fait exceptionnelle. Mais, au regard du texte de Pline, il y a quelque chose qui ne va pas. En effet, Pline était naturaliste, et bien que la science de son époque fût plutôt rudimentaire, ce serait le considérer comme un imbécile de prétendre qu’il n’a pas reconnu un oursin fossile ou non. Il décrit l’œuf qu’il affirme avoir vu, et la description ne correspond aucunement à celle de l’oursin fossile.

Il est évident que l’œuf de Pline, qui « flotte à contre-courant », même quand il est « attaché avec de l’or », est un objet merveilleux. Il est impossible de ne pas voir là l’équivalent de l’Œuf Cosmique de la tradition hindoue, enveloppe de l’Embryon d’Or, germe primordial de la lumière cosmique, qui se trouve dans des Eaux primordiales, et qui est couvé par l’Oiseau Unique, c’est-à-dire le cygne Hamsa. Ce que dit Pline à propos du « contre-courant » et des « liens d’or » ne peut permettre le moindre doute là-dessus, d’autant plus que l’Œuf gaulois est représenté bien souvent dans des monnaies celtiques : il s’agit alors d’une sorte d’ornement décoratif accompagnant l’image d’un cavalier, d’un cheval ou d’une simple tête, consistant en une vague forme ovoïde, ou en une boule, attachée à une ou plusieurs chaînes. Le motif est largement répandu, notamment sur les monnaies des Parisii et sur celles des Armoricains[341]. Mais la version celtique du mythe est assez particulière.

Le texte de Pline n’est assurément pas la description d’un rituel. C’est Pline qui l’a pris pour tel. On a dû lui raconter un récit mythologique qu’il n’a pas compris, mais dont il a gardé les éléments essentiels : l’enroulement des serpents, c’est-à-dire le « nœud de vipères », l’œuf sécrété par les serpents, le rapt de l’œuf par un cavalier, la poursuite qu’entreprennent les serpents, l’impossibilité pour les serpents de franchir une rivière. Ces éléments sont ceux d’une véritable épopée. Un cavalier, donc un héros civilisateur, vient s’emparer de l’œuf cosmique dans un pays qui est l’Autre-Monde, et s’enfuit, poursuivi par les habitants de l’Autre-Monde. Mais ceux-ci ne peuvent pas franchir certaines limites. Le cavalier passe la frontière, avec l’œuf, qui est donc maintenant en possession des humains, grâce au courage de ce héros.

On ne peut vraiment comprendre cette épopée que si on la compare à des traditions populaires orales qui semblent bien, en tout état de cause, être des réminiscences du schéma primitif. Il s’agit d’abord d’un type de conte assez répandu, dans lequel un jeune homme s’introduit dans le manoir d’un magicien ou du diable, ou en devient le domestique. Le jeune homme apprend par hasard des secrets, délivre une jeune fille prisonnière dans le manoir, et s’enfuit à cheval avec elle, en emportant les trésors du magicien ou du diable. Celui-ci les poursuit, mais ils réussissent à sauter une rivière que leur poursuivant ne peut franchir[342]. Ce que raconte Pline l’Ancien se réfère étroitement à ce schéma : il faut s’emparer de l’œuf de serpent, c’est-à-dire des secrets ou des trésors de l’Autre-Monde, et s’enfuir. Les habitants de l’Autre-Monde, qui sont les serpents, se précipitent pour rattraper l’audacieux qui ne doit son salut qu’à la rapidité de sa fuite, et parce qu’il arrive à passer la rivière. Les poursuivants ne peuvent pas quitter leur propre monde. Mais l’œuf est ramené, c’est-à-dire la connaissance d’un secret.

Une seconde comparaison est à faire, avec de très nombreuses légendes concernant des « vouivres », des « femmes-serpents », qui viennent boire aux fontaines. Elles ont un corps souvent recouvert de feu, un de leurs yeux est une escarboucle ou une pierre précieuse, ou alors elles ont une pierre magique dans leur queue. Au moment où elles boivent, elles déposent cette pierre, et on peut s’en emparer, à condition d’être assez rapide pour s’enfuir à l’abri de leur poursuite[343]. Il ne fait aucun doute que l’escarboucle, ou la pierre précieuse, ne joue le même rôle que l’œuf de serpent[344]. Le thème est absolument identique. Et il y a mieux : dans le récit gallois de Peredur, le héros doit vaincre un grand serpent qui se cache dans une grotte. Et « dans la queue du serpent une pierre. La pierre a cette vertu que quiconque la tient dans une main peut avoir, dans l’autre, tout ce qu’il peut désirer d’or »[345]. Voici donc encore une fois l’Œuf de Serpent. C’est évidemment l’Œuf Cosmique, puisqu’il peut donner autant d’or, symbole solaire de connaissance qui donne autant de richesse qu’on peut désirer. Mais c’est aussi la Pierre Philosophale des Alchimistes, cette pierre qui, non seulement peut permettre de fabriquer de l’or, mais constitue le Secret universel de la création, l’Unité dans sa complexité, cristallisation de toutes les ambiguïtés du monde, de toutes les contradictions apparentes.

L’Œuf cosmique, ou la pierre, est lié au Serpent, symbole de connaissance, et aussi de l’infinie mobilité de l’Esprit. Le Serpent est celui qui rôde partout, qui se glisse dans les moindres anfractuosités de la Terre. Le Serpent qui se mord la queue, l’Ourobouros, est le Cercle parfait, ce qui représente la totalité dans son unité primordiale. De plus, l’entremêlement des serpents, le nœud, est le point de jonction où convergent toutes les énergies. Et de cette conjonction naît l’œuf, ou la Pierre philosophale. C’est de cet œuf que tout provient, parce qu’il contient déjà tout.

Le symbolisme de l’œuf est évident. Il est l’Unité concentrée. Mais il n’est pas l’origine. Car il ne peut y avoir d’origine absolue. L’œuf est sécrété par les serpents qui représentent les énergies antérieures déployées qui, à un moment de l’histoire de l’univers, cessent leur évolution pour entreprendre leur involution, leur concentration. L’œuf va pouvoir libérer des énergies nouvelles qui vont à leur tour se déployer, pour recommencer leur involution et produire un autre œuf, et ainsi de suite, éternellement. C’est la théorie scientifique du « Big Bang », de l’explosion initiale, laquelle suppose que l’univers se rétractera un jour, après une période d’expansion, et que tout recommencera par un autre « bang » de la cellule initiale. Théorie cyclique de l’univers et de la vie, bien sûr, mais qui rejoint étrangement le pseudo-rituel décrit par Pline, les contes populaires sur la prise de possession des secrets et des trésors du magicien, et aussi les représentations plastiques utilisant largement le motif de la spirale, laquelle, on le sait bien, est caractéristique de l’art celtique. Car la spirale est à l’image de l’évolution de l’univers, évolution-involution. Cette utilisation des motifs en spirale, en cercles concentriques et en triskell, par les artistes celtes n’est pas gratuite, toute tradition ancienne intégrant l’art, la vie quotidienne et la religion dans le même creuset sacré. L’Œuf de Serpent est donc le début d’un cycle, en même temps qu’il est la fin du cycle précédent. L’Œuf de Serpent est donc la Mort, mais il est aussi la Vie. Il est l’illustration la plus parfaite de la croyance druidique fondamentale qui est, selon Lucain dans La Pharsale, « la mort est le milieu d’une longue vie ».

Il semble que ce soit la base même de toute la pensée druidique. Et, partant de là, c’est la justification de la position strictement moniste qu’on dégage facilement de toute la tradition celtique. Cette tradition, telle qu’elle se révèle dans les récits mythologiques, héroïques et même dans les contes populaires de l’Europe occidentale, prend nécessairement appui sur des données scientifiques. Il est évident que la « science » des druides n’était pas identique à celle qui caractérise notre époque et qu’elle n’avait rien de « sophistiqué » en ce sens qu’elle n’utilisait pas de moyens techniques perfectionnés, mais elle n’en avait pas moins une valeur que les écrivains de l’Antiquité n’ont pas hésité à reconnaître. Les druides « enseignent beaucoup de choses » (Pomponius Méla) et « discutent aussi beaucoup des astres et de leur mouvement, de la grandeur du monde et de la terre, de la nature des choses » (César) ; ils étudient « la science de la nature » (Strabon), les « sciences dignes d’estime » (Ammien Marcellin), le « calcul et l’arithmétique » (Hippolyte), « les lois de la nature, ce que les Grecs appellent physiologie » (Cicéron). C’est par des observations très poussées des phénomènes naturels, par une méditation constante sur les problèmes posés par la vie et son déroulement, par une prise de conscience que l’être humain dépend de tout ce qui l’environne – et qu’il peut agir sur cet environnement –, que les druides ont atteint un très haut degré scientifique dans la connaissance de la nature. « Les Gaulois avaient réalisé l’harmonie entre les biorythmes et leur genre de vie »[346].

Et c’est effectivement la spirale qui représente le mieux cette pensée druidique, surtout lorsqu’elle est triplée en forme de triskell. S’il est vrai que les druides, par leur maîtrise de la Parole, c’est-à-dire par l’utilisation raisonnée des phénomènes vibratoires, pouvaient agir sur le psychisme humain, voire sur les objets extérieurs[347], on est bien obligé de reconnaître qu’ils avaient découvert certaines notions qui s’apparentent à la mécanique ondulatoire et qu’ils n’étaient pas loin de penser que tout, dans l’univers, esprit ou matière, était énergie vibratoire. Ce n’est pas parce qu’ils ne résolvaient pas le monde en équations (ce qui d’ailleurs n’est pas prouvé), ou qu’ils ne formulaient pas le fameux ADN qui sert de pierre angulaire à l’édifice scientifique des temps futurs, qu’ils n’avaient pas conscience du problème. On sait en effet que « la molécule d’ADN est susceptible de transmettre à distance un signal de fréquence, d’intensité et d’amplitude données. Nous pouvons dire que la spirale vibre et que la vibration est transmise à telle ou telle région éloignée du site de réception du signal qui se met alors à fabriquer un produit spécifique (ADN messager et protéines) »[348]. Or cet ADN est programmé, en principe depuis Adam, qui contient en lui toute l’humanité future. Ce programme est fixé une fois pour toutes, mais – et c’est là où le problème devient passionnant – il est ouvert, c’est-à-dire qu’il conserve toutes les possibilités de modification, autrement dit de mutation. C’est une notion capitale dans la mesure où il semble bien que la pensée métaphysique des Celtes se trouvait engagée dans ce même processus de compréhension de la vie, celle-ci ne s’expliquant et ne se justifiant que par une perpétuelle évolution d’un devenir qui confond à la fois le créateur et les créatures.

La spirale est la marque la plus nette de la métaphysique celtique. Mais elle peut être une marque générale, englobant dans sa signification symbolique l’ensemble de la démarche spéculative entreprise par les druides. Il en reste sans aucun doute quelque chose dans le fameux « Jeu de l’Oie », image de la quête, mais aussi du cosmos à l’intérieur duquel évolue l’individualité humaine, avec sa lente ascension vers le centre, ses hésitations, ses retours en arrière, ses attentes prolongées, ses errances[349]. Et dans le domaine de l’art, considéré non comme un support mais comme un vocabulaire essentiel de la pensée spéculative, la spirale a été le motif celtique par excellence, renforcée par son triplement dans le triskell. Or, la triade, d’une façon générale, que ce soit en art ou en mythologie, est, chez les Celtes, « une manifestation de la multiplicité en tant que notion subordonnée à l’unité »[350]. Tout est paradoxal. La destinée des êtres et des choses est fixée d’avance, mais elle est susceptible de modifications. L’unité profonde des êtres et des choses, du sujet et de l’objet, est une donnée impérieuse, mais cette unité est cependant multiple.

La pensée druidique, vue à travers ce qu’en ont dit les auteurs de l’Antiquité classique, à travers les récits irlandais et gallois, les romans arthuriens et également les contes populaires traditionnels, qui en sont les continuations, se caractérise par un refus total du dualisme sous toutes ses formes. Sur un plan qui est familier, celui de la Morale, on ne peut en effet remarquer de distinction nette entre le Bien et le Mal. Le péché est inconnu de la tradition druidique. Il y a seulement faute quand un individu se révèle incapable d’accomplir ce qu’il doit accomplir, quand il est incapable d’assurer son propre dépassement. Mais cette notion de faute se réfère davantage à la constatation de la faiblesse de l’individu plutôt qu’à la transgression d’une norme établie d’avance et répertoriée. Il ne peut pas y avoir de liste de péchés capitaux ou non, mortels ou véniels, dans la morale druidique. Il y a ce qui permet d’accomplir son propre destin ou le destin de la communauté, et ce qui empêche d’aller vers cet accomplissement. Les empêchements sont donc extérieurs à l’individu. Ou bien l’individu n’a pas suffisamment conscience de la difficulté, il n’est pas suffisamment préparé, il manque d’informations. Il peut aussi se tromper de route, mais c’est toujours par manque de clairvoyance. Tout individu digne de ce nom doit devenir lui-même un authentique druide, c’est-à-dire un « très voyant », un « très savant ». Il n’y a donc pas d’attitude négative au contraire, c’est un encouragement perpétuel à l’action et à la perfection. C’est en fait la définition de la morale, qui, au fur et à mesure des emprises religieuses diverses, en particulier celle du christianisme, est devenue un répertoire de ce qu’il ne faut pas faire, c’est-à-dire une négation de l’action, par acceptation passive de la loi. En ce sens, les interdits, les gessa, ne sont jamais négatifs : ils se contentent d’exprimer la limite au-delà de laquelle un individu risque de s’égarer. N’oublions pas que les gessa concernent un individu et non la collectivité : il n’y a aucune référence à une norme abstraite et définitive.

Cette absence de frontière entre le Bien et le Mal exprime la relativité des choses. Une action peut être bonne ou mauvaise selon la façon dont on la conduit et non par rapport à une échelle de valeurs objectives et absolues. Et si l’on déplace la notion sur le plan de la Métaphysique, on peut constater qu’il n’y a pas, là non plus, de Bien ou de Mal absolus. Les Celtes n’ont jamais imaginé un Dieu du Bien faisant la guerre à un Dieu du Mal, et inversement. La lutte des Tuatha Dé Danann contre les Fomoré est la prise de conscience de l’ordre face au désordre, c’est tout. Et cela n’implique aucune morale. Les dieux de la mythologie celtique ne sont ni bons ni mauvais. Ils sont. Et comme tous ces dieux représentent des fonctions attribuées à la divinité absconse et absolue, il faut bien convenir que ce grand Dieu suprême n’est pas conçu, lui non plus, comme bon ou mauvais. En réalité, il est les deux, puisque la notion de mal ne pourrait exister sans la notion de bien et inversement. De même, la vie est impossible sans la mort, et la mort dans la vie, le jour est inexistant sans la nuit, et la nuit sans le jour. Et Dieu, le grand Dieu innommable, n’existe pas sans ses contradictions internes, en l’occurrence sa création. L’Œuf de Serpent exprime admirablement cette vision druidique de la Totalité.

Cela explique de nombreux comportements prêtés aux Celtes : le mépris de la mort, l’ardeur de vivre, une certaine gouaille, une communion constante avec la nature (que le christianisme a contribué à étouffer complètement en faisant de l’homme le roi de la création), une tranquille a-moralité, une sérénité métaphysique, une confiance aveugle dans la liberté humaine, et aussi un refus évident de considérer le réel comme un absolu. Car, au-delà du réel, il y a autre chose, et la distinction aristotélicienne entre réel et irréel ne peut pas être formulée. Il en sera de même pour ce qu’on appelle la Vérité, et que le christianisme a toujours voulu prêcher comme étant l’unique, la seule, la sienne. Pour les Celtes, il n’y a pas de Vérité absolue et révélée, puisque la vérité n’est que le résultat d’un jugement porté par l’esprit à un moment donné de l’histoire. Par conséquent, il n’y a aucune dichotomie entre le vrai et le faux, chacun des deux termes se révélant exact selon les circonstances.

La pensée druidique a peut-être été le seul exemple connu de tentative de système philosophique où le monisme soit intégral.